BARCELONE - LYON : 3-0
Buts : Clerc (21e, csc), Messi (82e) et Henry (90e)
Le temps des vaches maigres sur la scène européenne pourrait bien faire son retour dans le paysage de l'Olympique Lyonnais. Non pas que la défaite des sextuples champions de France mercredi soir en terre catalane soit infâmante (3-0). Non. Mais cet OL, taillé pour franchir un à un les échelons de la belle Europe, déçoit depuis le début de saison. Et a déçu dans l'antre du Camp Nou.
En effet, jamais l'ogre du championnat de France de Ligue 1 depuis six ans désormais s'est montré à la hauteur de l'évènement. Finalement, on aurait bien aimé voir ce que le Lyon des six premiers mois de la saison 2006/07 aurait donné sur la verte pelouse catalane. Car l'OL a affiché en une soirée européenne ce que les huit premières journées de L1 avaient en partie démontré : Lyon est moins fort, que ce soit sur le papier ou sur le terrain et ce Lyon-là aura toutes les peines à rejoindre le Top 16 de la C1 en février prochain. Le constat est alarmant. En 90 minutes de jeu, le club cher au président Jean-Michel Aulas n'est jamais parvenu à se procurer la moindre occasion franche de but.
Henry aggrave la note
La faute à un Barça et ses "Fantastiques" toujours en quête du meilleur équilibre mais déjà trop solide pour une formation lyonnaise un brin timorée. La petite troupe de Frank Rijkaard n'a pas toujours régalé les travées du Camp Nou mais cette dernière a fait l'essentiel : ouvrir par une victoire sa campagne en C1. Henry un peu court physiquement, le jeu des "Fantastiques" s'est résumé aux arabesques de Ronaldinho et à la vivacité de Messi. Une vitesse d'exécution balle au pied qui met littéralement la défense rhodanienne au supplice et qui oblige Clerc à couper dans son propre but la trajectoire d'un centre de l'Argentin (21e, 1-0).
Le ton est donné. Et le cuir catalan. Belhadj, enfin titulaire sous le maillot lyonnais, peut apprécier à sa manière le fossé qui sépare son équipe d'un "gros" d'Europe. Un autre nouveau venu dans les rangs rhodaniens, Mathieu Bodmer, lui, goûte moins bien la différence de niveau entre les deux équipes. L'ancien Lillois est à la peine face aux dribbles adverses. Il faut tout le soutien d'un Clerc décisif pour éviter à l'intérimaire en charnière centrale de voir sa défense sur Messi se finir en calvaire (38e). En revanche, l'international français ne peut rien sur une action d'école du Barça, voyant ce même Messi conclure d'une frappe placée du pied gauche un redoublement de passes catalanes aux abords de la surface lyonnaise (82e, 2-0).
Un but provoqué, un but marqué, la soirée du prodige argentin est bien remplie. Tout comme le contrat du Barça, leader du groupe E à l'issue de la première journée de C1. La troisième réalisation blaugrana, oeuvre d'Henry, ne changera rien aux affaires espagnoles si ce n'est libérer l'international tricolore, auteur de son premier but en match officiel avec la bande à Frank Rijkaard. En revanche, pour l'OL, sévèrement corrigé au Camp Nou, l'heure des premières interrogations a sonné. Qu'on se le dise, mercredi soir, le sextuple champion de France a été remis à sa place. Celle d'un outsider en quête de repères. Qu'il est loin le temps où l'OL était inscrit en gras sur les tablettes des favoris de la coupe aux grandes oreilles...
LA DECLA : Alain Perrin (entraîneur de Lyon)
"Le score est lourd au vu du match. On s'est offert aux contres du Barça. On a bien défendu pendant une heure au Camp Nou mais on a encaissé le deuxième but au moment où on aurait pu revenir au score. On savait qu'Abidal et Zambrotta apportaient beaucoup offensivement. J'ai choisi de placer Réveillère à gauche à la place de Grosso parce qu'il me semblait qu'il fallait un droitier pour s'opposer à un petit gabarit comme Messi sur ce flanc-là."




